C'est étrange, comme impression. Quand tu vois leurs regards perdus dans un ailleurs, quand tu entends leurs rires lointains - ou peut-être ne résonnent-ils plus que dans ta mémoire... Quand tu regardes longtemps, trop longtemps, leurs sourires figés sur ce papier glacé. Quand tu entends leurs noms liés à d'autres, à d'autres prénoms que tu ne connais pas, quand tu comprends qu'ils perçoivent un avenir qu'ils t'avaient promis, mais un avenir avec des inconnus, et qu'ils oublient le passé.
C'est douloureux, comme impression. Quand tu réalises que tu n'as pas assez mal, quand tu culpabilises d'aller bien quand tout s'est écroulé, quand tu as envie de détruire ce qui est en train de se construire sur des ruines. Quand tu te dis que ça t'arrivera aussi, comme à tous.
C'est révulsant, comme impression, quand tu entends ces gens dire que tu oublieras, de toute façon. Que la suite sera bien meilleure, plus réjouissante. Quand tu as envie de leur crier, de leur crier que même si cette suite est belle, elle aura une fin elle aussi, de leur crier que non, t'oublieras pas, parce que si tu fermes les yeux sur ces trois ans, c'est ta personnalité que tu étouffes, de leur crier que tu lâcheras pas, pas maintenant, pas si vite, même si tu t'essouffles à tenter l'impossible.
Et elles sont déroutantes, ces impressions.
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